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Produire du biométhane à partir des biodéchets

Au regard de l’obligation réglementaire du tri à la source des biodéchets imposés aux plus gros producteurs[1] depuis 2012 et qui doit s’élargir à tous, y compris aux ménages, d’ici à fin 2023, une définition plus précise est établie par référence à la Directive Européenne Déchets de 2008 :

« Les biodéchets sont des déchets biodégradables de jardin ou de parc, de déchets alimentaires ou de cuisine, provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail, ainsi que des déchets comparables provenant des usines de transformation de denrées alimentaires et plus globalement toutes les denrées alimentaires qui sont devenues des déchets. »

En favorisant le traitement biologique de ces biodéchets par la méthanisation, ceux non réduits à la source et non consommés deviennent un vecteur d’économie circulaire, source de production de gaz vert et de matières valorisables au profit d’un développement plus durable des activités humaines sur les territoires.


[1] Seuil de production au 1er janvier 2016 de 10T/an de biodéchets et 60 l/an d’huiles alimentaires.

La méthanisation à partir des biodéchets ?

Les externalités positives qui en découlent sont nombreuses : réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), création d’emplois non délocalisables et source de développement économique. Le biométhane produit par les biodéchets participe pleinement à l’émergence d’une économie circulaire territoriale où les biodéchets deviennent des ressources agronomiques et énergétiques. La double valorisation énergétique et matière de biodéchets permet également aux collectivités de répondre à l’obligation de valorisation matière imposée par l’Europe en vue d’atteindre d’ici à 2035 un taux de valorisation de 65 % des déchets municipaux produits.

La mise en œuvre d’une meilleure gestion et prise en compte des biodéchets implique d’agir en faveur de leur prévention-réduction, de leur recyclage puis de leur valorisation conformément à la hiérarchie de traitement des déchets.

Ainsi, les biodéchets non réduits, non consommés, peuvent :

  • soit par une collecte séparée dédiée et être acheminés vers des unités de traitement biologiques centralisées, comme c’est le cas de la méthanisation qui permet la valorisation de la matière au sol et la production de gaz vert,
  • soit par une gestion de proximité, comme c’est le cas du compostage en pied d’immeuble, au sein d’un quartier ou en habitat pavillonnaire, bien qu’il ne permette pas la production d’énergie.

Le potentiel énergétique théorique brut de production de gaz vert à partir des biodéchets est estimé à 21 TWh sur les 22 millions de tonnes produits, sans prendre en compte les déchets des Industries Agro-Alimentaires (IAA). La majorité du gisement est issu des ménages. La mobilisation de ces biodéchets en faveur de la production de gaz vert constitue donc une véritable opportunité pour les territoires au regard de leur trajectoire Climat Air Energie. Le gaz vert est une énergie renouvelable qui permet la réduction des GES et qui dans son usage carburant via le BioGNV permet de réduire de plus de 90 % les émissions de particules fines.

Le processus de traitement

Les biodéchets en chiffres clés

On distingue différents types de producteurs de biodéchets :

  • les ménages : 100 kg de biodéchets par habitant/an, soit au niveau national 13 millions de tonnes = 14 TWh,
  • la restauration : environ 130g de biodéchets/repas, soit au niveau national 1,6 millions de tonnes = 1,1 TWh,
  • les marchés : environ 2 tonnes par commerçant/an, soit au niveau national 0,9 millions de tonnes = 0,43 TWh,
  • les commerces alimentaires : 20 kg de biodéchets par m2/an (grandes surfaces), soit au niveau national 0,6 millions de tonnes = 0,58 TWh,
  • les producteurs de déchets verts : 20 tonnes par employé/an, soit au niveau national 4,8 millions de tonnes = 4,2 TWh.

Sans oublier les biodéchets des industries agro-alimentaires (IAA), qui s’élèvent à 3 millions de tonnes selon l’ADEME, et qui sont assez difficiles à caractériser, puisque très variables en fonction des types d’industries. 

Les gisements indiqués sont des gisements bruts : il s’agit des volumes de biodéchets produits à échelle nationale. Tous ces biodéchets ne seront pas forcément disponibles pour la méthanisation (compostage de proximité, non-participation au tri…).

Source : ADEME et GRDF

L’économie circulaire, un cadre structurant

La gestion des déchets – un des 3 domaines d’action vers une économie circulaire :

En 2017, Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, a mis en place une feuille de route, dans le contexte du plan Climat, pour répondre aux enjeux d’optimisation des ressources et de réduction des déchets.

La collecte des biodéchets non réduits, non consommés et leur traitement via la méthanisation répondent pleinement aux enjeux de l’économie circulaire et de son développement sur les territoires.

Le tri, la collecte et le traitement des biodéchets via la méthanisation place les citoyens et acteurs économiques au cœur de l’action vers des comportements plus durables dans nos activités quotidiennes. La production de gaz vert qui en découle diminue notre impact environnemental par substitution aux énergies fossiles à usage carburants, domestiques et industriels.

Plus largement, tri, collecte et méthanisation des biodéchets contribuent à une gestion durable des déchets par leur recyclage en matières organiques valorisables pour nos sols grâce à la production de digestat et leur conversion en énergie renouvelable.

La méthanisation contribue enfin pleinement à créer de la valeur sur les territoires en générant des emplois, des nouveaux métiers et en étant vecteur d’innovations et d’avancées vers des modèles inédits de développement durable.

La dynamique de marché des biodéchets

Quels sont les acteurs concernés par le tri à la source des biodéchets ?

  • Les restaurateurs (tout type de restauration),
  • Les industriels du secteur agro-alimentaire,
  • Les entreprises d’espaces verts,
  • Les commerçants de l’alimentaire de Grandes et Moyennes Surfaces (GMS et marchés de gros),
  • Les collectivités (déchets verts, cantines, marchés).

Et, d’ici 2025, les ménages, à la suite de l’adaptation du plan de prévention et de gestion des déchets du département et de la Collectivité.

Quelques ratios et potentiel biométhane des biodéchets

POTENTIEL BIODECHETS GISEMENT BRUT
Mt/an Twh/an
Ménages 13 14,2
Restauration, commerces et marchés (> 10T/an) 3,1 2,16
Grande distribution 0,4 0,5
Déchets verts 4,8 4,2
TOTAL 21,3 21

La collectivité, actrice clé dans le marché des biodéchets

Depuis janvier 2018, 1 263 établissements publics inter-communales (EPCI) français, ont l’obligation d’assurer un service de traitement des déchets.

Responsables du service assainissement, du service énergie et du service déchets, une collectivité est une interlocutrice de premier plan, car elle porte le projet. Pour ce faire, elle doit mettre en place une collecte séparée des biodéchets (soit par apport volontaire, soit par porte à porte). Elle doit également organiser une gestion de proximité de ces biodéchets, par le compostage.

Ainsi, de nouveaux modèles territoriaux de récupération de biodéchets sont mis en oeuvre, en faveur de la collecte séparée, pour favoriser leur méthanisation.

Les avantages de la méthanisation à partir des biodéchets

La méthanisation des biodéchets s’inscrit pleinement au monde de demain et est inévitablement au cœur des enjeux énergétiques et des objectifs de développement durable des territoires.  Vecteur économique, écologique, énergétique et agronomique, la méthanisation des biodéchets permet aux territoires de bénéficier de nombreux avantages :

Les avantages environnementaux

  • améliorer la valeur agronomique des sols notamment en azote et en phosphore,
  • favoriser l’indépendance énergétique et agronomique de son territoire,
  • développer la mobilité Verte (via l’utilisation du BioGNV) et donc, répondre aux enjeux de qualité de l’air,
  • produire et utiliser de l’énergie locale.

Les avantages territoriaux

  •  La production d’énergies renouvelables (EnR) en substitution aux énergies fossiles, permet d’atteindre les objectifs et besoin du territoire via :
    • la gestion des déchets,
    • la production d’EnR,
    • la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

La production d’énergies renouvelables répond aussi et surtout aux attentes de la loi transition énergétique pour la croissance verte (LTECV). C’est également un levier d’attractivité par la création d’emplois.

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La méthanisation des eaux usées nécessite également un traitement spécifique. Découvrez-en plus sur ce type de production de biogaz.